La chronique « Sang et Or » du Support’R Club
Numéro 13
« Trompette, la passion « Sang et Or » chevillée au corps !

Il ne fait pas de bruits et n’est pas du genre à se faire remarquer mais sa présence, elle, ne passe pas inaperçue, loin de là !
Avec sa gouaille, sa casquette du Support’R Club vissé sur la tête et son maillot « Sang et Or » sur le dos, sans oublier sa petite corne autour du cou, sorte de porte bonheur dont il ne pourrait aujourd’hui plus se passer. Ce personnage que tout le monde connait parmi les supporters du Mans FC est facilement reconnaissable parmi tant d’autres.
Bien évidemment, pour l’approcher et qu’il vous donne sa confiance, il faut un peu de temps et il faut surtout savoir l’apprivoiser ! Mais dès lors qu’il est en confiance et que l’on s’intéresse un peu à lui, vous découvrirez alors un homme attachant et passionné. Sa ferveur autour de son club de toujours est immense, tant sa vie est articulée autour des matchs du Mans FC.
Alors lorsque je l’ai interpellé un jour de match à la Californie au bar de chez « Mona et David », son « fief » les jours de match de notre équipe féminine où il n’hésite pas à braver la météo quel que soit la saison pour être le premier bien avant tout le monde, sa première réaction fut assez dubitative !

Mais en choisissant les bons mots, tout en prenant le soin d’évoquer des vieux souvenirs d’abord du MUC 72 puis du Mans FC et en instaurant un dialogue autour de notre passion commune, très vite les barrières de l’handicap furent vite balayées d’un revers de la main et vous vous en douterez bien, l’objectif était déjà réussi !
« Trompette » de son surnom alias Dominique Gautelier dans la vie civile, est un supporter pas comme les autres. C’est aussi pour cela, que le mettre à l’honneur à l’occasion de ce nouveau numéro de « la Chronique Sang et Or » était pour moi assez légitime et un plaisir non dissimulé, avouons-le.
A bientôt 65 ans, ce que l’on ne croirait pas en le croisant, ce dernier m’avouera que ses souvenirs sont assez confus à cause de sa pathologie mais de fil en aiguille et comme par magie, le simple fait d’évoquer notre club et un certain nombre de joueurs et joueuses emblématiques. Ceux ayant jalonné l’histoire de Bollée à l’Arena, auront suffi pour voir son visage s’éclairer et se retrouver face à un homme retrouvant la parole avec ses mots et sa façon de s’exprimer bien à lui.

Pour celui qui a vécu les premières heures du MUC 72 alors que le stade Léon Bollée se refaisait une beauté en 1988 alors en troisième division sous les ordres d’un certain Christian Gourcuff, entraineur/joueur, son premier souvenir de supporter le marquera à jamais alors qu’il ne s’intéressait pas spécialement au football local ! « Je n’étais jamais venu au stade Léon Bollée même si j’en avais entendu un peu parler avant et je n’étais pas forcément un grand fan de foot, adorant le rugby que je suis beaucoup également »
Mais sur l’insistance d’un ami voulant être accompagné pour assister à une rencontre des Pascal Affaire, Alain Jacotin, Christophe Jarno, Régis Beunardeau et leurs coéquipiers de l’époque, il allait sans le savoir, plonger dans ce qui restera la grande histoire d’amour de sa vie, l’accompagnant encore aujourd’hui, plus que jamais.
De fil en aiguille, il se passionnera pour notre équipe favorite au point de ne plus louper une seule rencontre et de devenir assez vite, un membre du club des supporters afin de vivre au plus près, sa passion dévorante pour le club phare de notre département. « C’est simple, une fois que j’ai connu l’ambiance autour du MUC 72, je ne pouvais plus m’en passer »

Vivre avec un handicap n’est certes jamais facile mais pour « Trompette », qui pendant longtemps travailla au sein d’un ESAT pour subvenir à une partie de ses besoins et rester le plus actif possible, articuler sa vie tout entière autour de sa nouvelle passion était plus qu’un équilibre de vie mais un besoin presque vital. C’est dans ce sens que notre association a toujours été très ouverte sur son rôle social qui prend aujourd’hui, encore plus d’importance.
Des grands moments autour du MUC 72, il en aura vécu beaucoup et un souvenir en particulier l’aura marqué puisqu’il fût du fameux déplacement au stade Vélodrome en juillet 1994, où les hommes de Thierry Froger et Bernard Guedet l’emporteront à la suite d’un match héroïque sur des réalisations de Patrick Van Kets et Emerick Darbelet ! L’œil malicieux « Ah ça, c’était merveilleux ! PVK était un sacré buteur et je l’aimais beaucoup comme kiki Penaud et Olivier Pédemas, qui étaient d’ailleurs mes joueurs préférés. Gagner chez le champion d’Europe en titre, je peux te dire que je m’en souviens et j’en ai eu les larmes aux yeux ! »
Avant que le MUC 72 n’accède au plus haut niveau en 2003, il connut tous les recoins des tribunes de Bollée pour vivre pleinement sa passion, avec des souvenirs particuliers pour ce que l’on appelait à l’époque les fameux « matchs de gala » en coupe de France ou le MUC 72 fut opposé aux clubs de l’élite et pas des moindres, notamment Bordeaux emmené alors par un meneur de jeu nommé Zinédine Zidane en chair et en os « Je l’ai vu jouer devant moi et il était déjà, très, très fort ! Aujourd’hui, il est le sélectionneur de l’équipe de France, tu te rends compte ! »
Les déplacements aux quatre coins de la France rythmeront sa vie de supporter autour de Christian Riguet, Dominique Lebouc et Jean-Yves Bourhis dont il aimait être proche. C’est avec beaucoup d’émotion, qu’il se remémore un autre voyage dans le sud de la France toujours du côté de l’OM mais cette fois-ci en TGV au milieu des années 2000 où le Support’R Club réservera une rame entière envahis de nos belles couleurs « Sang et Or » « L’ambiance était extraordinaire et ce genre de souvenir, ça marque à jamais un supporter. Je ne pouvais pas le louper ! A cette époque j’adorais Laurent Bonnart, notre capitaine qui était une personne très gentille en plus d’être un excellent joueur »

Toujours fidèle même dans les moments les plus délicats « Même en DH, j’ai continué à soutenir notre équipe même si ça m’a rendu malheureux », ce supporter invétéré n’oublie pas un moment qui l’aura marqué à vie, il y a quelques années. « Alors que je ne m’y attendais pas du tout, un jour notre président Thierry Gomez est passé au local du Support’R Club et m’a remis un maillot du club en personne pour me remercier de ma fidélité, ce qui m’a vraiment beaucoup touché et j’en ai pleuré »
Alors vivre une double accession deux années de suite après tant d’années à soutenir son club de cœur, à une saveur toute particulière pour « Trompette », tout heureux de retrouver l’élite du football français. Il ne boude pas son plaisir de voir Le Mans FC défier tous les grands de son championnat « On peut vraiment remercier notre entraineur Patrick Videira qui est vraiment quelqu’un de très attachant et que je vois toujours avec beaucoup de plaisir le dimanche lorsqu’il vient voir notre équipe de L2 féminine ! Il vient saluer tout le monde et ça c’est toujours super sympa de sa part ! »
En guise de conclusion, la question du maintien lui fût ainsi posé « Le Mans va se maintenir même si ça sera difficile. Moi, j’y crois et je suis sûr qu’ils vont y arriver », parole d’un fidèle supporter !
Cyril Yvon